Incendie du marché de Madina: les commerçants veulent l’aide de l’Etat guinéen

En Guinée un incendie a ravagé une partie du grand marché de Madina dans le centre de Conakry, véritable poumon économique de la capitale guinéenne. Les dégâts matériels sont considérables. En tout ce sont 1 500 mètres carrés touchés par le sinistre, probablement plus d’un millier de commerçants impactés, 352 containers détruits, 62 tables de vente et 24 ateliers de couture réduits en cendres. Un coup dur en cette période où les troubles socio-politiques ralentissent déjà l’activité économique. Par chance, il n’y a aucune victime car l’incendie s’est déclaré vers 23h45 en pleine nuit lorsque le marché est vide. On ne connait pas encore la cause de ce drame mais plusieurs sources parlent d’un « court-circuit » dans un atelier de couture.

Le désarroi se lit sur tous les visages au grand marché de Madina à Conakry. A travers les amas de taule et la marchandise carbonisée, les commerçants transportent des bidons d’eau.

« La nuit vers 1h ou 2h, on m’a réveillé en me téléphonant pour me dire que le marché de Madina avait pris feu, raconte Mamadou Diallo Lamara, les yeux rougis par la fumée. Comme c’était la nuit, cela m’a fait peur mais quand on te dit que ton bien ets là à se gâter, tu es prêt pour aller là-bas. On est venu sur place et on a trouvé les sapeurs-pompiers, il y avait le feu un peu partout. On ne pouvait même pas rentrer dans le marché, les flammes montaient très haut ».

Les pompiers n’avaient pas accès au marché

Ce n’est pas le premier incendie à se déclarer dans le plus grand marché de Conakry dont les ruelles étroites, sans voie d’accès pour les véhicules n’ont pas facilité la tâche des pompiers.

On m’a fait réveiller à environ 4 heures du matin, que le marché a pris feu. On ne pouvait pas rentrer, tout brûlait. Il y avait des flammes de gauche à droite. On a tout perdu, tout, tout, tout perdu. L’argent, le matériel, les tissus, des perlages pour faire les habits…
Mohamed Patébéri, commerçant dans l’import-export de matériel de couture, a tout perdu dans l’incendie.

Les pompiers étaient là depuis minuit mais ils n’ont pas eu d’accès, explique le gouverneur de la ville Mathurin Bangoura. Nous allons donc voir avec les administrateurs du marché ce que l’on peut faire pour avoir un meilleur accès. On aurait pu maîtriser ce feu s’il y avait eu un passage pour les sapeurs-pompiers ».

Les commerçants en appellent à l’Etat

Les commerçants, l’administration et la chambre de commerce de la commune de Matam réclament un appui de l’Etat pour reprendre leurs activités. Saïkou Oumar Diallo, président de la Chambre de commerce de Matam, se dit satisfait de la réactivité des autorités, mais il appelle le gouvernement à aider financièrement les milliers de commerçants ruinés.

« L’aide de l’Etat directe et indirecte est indispensable pour des milliers et des milliers de gens. Non seulement ce sont des gens qui emploient des personnes aujourd’hui, mais aussi il y  a beaucoup de familles, détaille-t-il. Si tous ces gens sont lâchés dans la nature, combien de délinquants il y aura dans ce pays ?  D’où l’importance à ce que l’Etat s’occupe de ces gens. Très rapidement, refaire les containers, aider les gens à commencer très rapidement et faire des retours à l’intérieur parce qu’on ne peut pas encore prévenir dans l’avenir. S’il y a un tel problème, qu’il y ait des entrées pour que les pompiers ou les lance-incendies puissent rentrer, et faire leur travail », a ajouté Saïkou Oumar Diallo.

Soulager les familles des sinistrés

A la mi-journée, dimanche 18 mars, le président Alpha Condé s’est rendu sur place, on a pu l’entendre déplorer la vétusté des installations électriques ainsi que les raccordements sauvages. Le gouvernement veut revoir la construction de ces marchés dans le pays et, autre point important, les assurances. Combien de commerçants avaient contracté une assurance ? Au jour d’aujourd’hui, le temps est à l’évaluation des dégâts. Viendra plus tard celui des dédommagements. Le gouvernement entend bien aider les familles victimes. C’est ce qu’assure son porte-parole, Albert Damantang.

« Pour le moment, nous sommes en train d’évaluer les dégâts. On parle d’un peu plus de 300 commerces qui ont été touchés. Il y a une évaluation approximative qui est en train de se faire. Pour le moment, elle n’est pas encore terminée. Ils vont examiner la meilleure manière de procéder à des réparations ou à soulager, en tout cas, les pertes qui ont été enregistrées. Tout cela serait plus facile  s’il n’y avait pas toute cette anarchie dans l’installation des commerçants et ce laxisme qui, il faut bien le reconnaitre, a prévalu à l’installation un peu anarchique de tous ces commerçants, de tous ces étals », a tenu à souligner Albert Damantang.

« Il faut pouvoir profiter de cette occasion pour régler tout ce qui se passe au sein des différents marchés du pays et mettre en place un système clair, non seulement de protection mais également d’assurance parce que c’est le seul moyen de prévenir et de pouvoir réparer de tels litiges. En attendant, le gouvernement se penche sur la question et nous espérons que dans les jours qui viennent, l’évaluation et les proposions permettront de soulager quelque peu les familles des sinistrés », a ajouté le porte-parole du gouvernement.

Rfi

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