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Paul Kagamé entame une visite de deux jours en Guinée. Mais qui est Paul Kagamé?

Paul-KagameNé dans une famille tutsi2 le sur la colline de Nyarutovu dans la commune de Tambwe, province du Sud (ancienne préfecture de Gitarama) près du centre de Ruhango, Paul Kagame quitte son pays avec sa famille en 1961 après son indépendance, à l’âge de quatre ans, à la suite des persécutions des Tutsi depuis la révolution rwandaise en 1959. La famille s’installe à Gahunge, dans le district de Toro en Ouganda. Paul Kagame aurait fait ses études secondaires successivement à la Ntare School de Mbarara, puis à la Old School de Kampala de 1972 à 1976.




À l’âge de 22 ans en 1979, il rejoint les maquisards venus de Tanzanie sous la direction du futur président ougandais, Yoweri Museveni, dans un mouvement de résistance au régime d’Idi Amin Dada, qui devint la NRA, National Resistance Army, soutenue politiquement, économiquement et militairement par les États-Unis d’Amérique. Plusieurs réfugiés rwandais font aussi partie du noyau de cette rébellion qui renverse ensuite, en 1985, le président Milton Obote, puis en 1986 le président Tito Okello. Après le coup d’État de la NRA en 1986, Yoweri Museveni devient président de la République de l’Ouganda et plusieurs de ses compagnons d’armes rwandais deviennent officiers dans l’armée ougandaise. Paul Kagame est gradé major et obtient un poste important de directeur adjoint des services de renseignement militaire de l’armée ougandaise.

En 1989, il épouse à Kampala Jeannette Nyiramongi, dont la famille était réfugiée au Burundi. Tous deux sont parents de quatre enfants.

Formation militaire

Après son mariage, Kagame est envoyé, en juin 1990, aux États-Unis pour un stage de commandement militaire (Command Staff) à Fort Leavenworth au Kansas.

Arrivée de Paul Kagame sur la scène internationale

Paul Kagame et George W. Bush, en à la Maison-Blanche.

Venant d’Ouganda, le 1er octobre 1990, le Front patriotique rwandais (FPR), formé dans les années 1980 par des exilés rwandais arrivés depuis 1959 et dirigé par Fred Rwigema, rentre au Rwanda par la force, après des négociations sans succès pour leur retour au pays. Dès le 2 octobre 1990, Fred Rwigema est tué pendant les combats3. La mort de ce dirigeant emblématique est cachée plusieurs jours aux combattants du FPR. Le président ougandais, Yoweri Museveni, parrain du FPR, dont plusieurs responsables se sont illustrés comme officiers dans les rangs de son armée, impose son chef des renseignements militaires, Paul Kagame, vieil ami de Fred Rwigema, pour résoudre cette crise circonstancielle du FPR. Paul Kagame entre sur la scène internationale en prenant les commandes du FPR qu’il avait créé avec Fred Rwigema.

De 1991 à 1993, alternant défaites et victoires militaires, Paul Kagame négocie parallèlement les accords d’Arusha avec le président Juvénal Habyarimana, poussé à la discussion par l’ONU, par l’intermédiaire de Pasteur Bizimungu qui deviendra président de la République pendant la première partie de la période de transition, après le génocide. Avant la période de ces négociations et lors d’un séjour à Paris du 17 au 23 septembre 1991, Paul Kagame est arrêté par les services français une douzaine d’heures, pour terrorisme, juste après avoir été reçu par Jean-Christophe Mitterrand et Paul Dijoud conseillers du gouvernement français pour les Affaires africaines auprès de l’Élysée. Paul Dijoud justifie cette arrestation : « Les accompagnateurs du major Kagame, qui circulaient avec des valises de billets, s’étaient fait repérer par la police et ont été arrêtés, sans que le Quai d’Orsay en ait été averti, puis libérés le soir après l’intervention du ministre des Affaires étrangères »4. De son côté Paul Kagame affirme que Paul Dijoud l’avertit que s’il n’arrêtait pas les combats tous les siens seraient massacrés5.

En 1994, à la suite de l’attentat contre le président Juvénal Habyarimana, se déclenche le génocide des Tutsis au Rwanda. Paul Kagame mène les troupes du FPR à la victoire militaire contre les Forces armées rwandaises et leur gouvernement, malgré des troupes inférieures en nombre (15 000 hommes contre 50 000) et des moyens militaires moins importants, par son sens stratégique et sa fermeté. L’embargo sur les armes adopté par le conseil de sécurité de l’ONU embarrassait peu les forces gouvernementales, car des réseaux clandestins les approvisionnaient via Goma, au Congo, mais elles mobilisaient beaucoup de leur énergie dans la conduite du génocide des Tutsi qui fit environ 10 000 morts par jour pendant cent jours et extermina environ 90 % des Tutsi de l’intérieur du Rwanda. Il a aussi été mentionné des « massacres de civils… et exécutions sommaires par les forces du FPR, apparemment commises à titre de représailles »6, mais sans commune mesure avec le génocide7.

Par la suite, Paul Kagame a été accusé d’avoir commandité l’assassinat du président Juvénal Habyarimana, notamment par la France et par les anciens collaborateurs de Kagame comme Ruzibiza, Patrick Karegeya8, le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, et par des officiers dissidents du FPR, tel Faustin Kayumba9. Cette thèse est abandonnée en janvier 2012 par l’enquête des experts nommés par le successeur du juge Bruguière, même si l’expertise elle-même est discutée10.

« L’homme fort » du Rwanda

Paul Kagame est ensuite l’artisan de la « reconstruction » du Rwanda, complètement détruit et vidé par le génocide. Il chasse les dirigeants « hutu » ayant organisé et conduit le génocide des Tutsi, et contribue à la mise en place d’un régime où les femmes ont une place parfois majoritaire, comme au parlement. Ses opposants qualifient ce régime de « tutsi », alors même que la référence politique « Hutu – Tutsi » est anticonstitutionnelle depuis l’adoption de la constitution de 200311 (la majorité des ministres et des députés avaient, dans l’ancienne république exclusivement « hutu », une carte d’identité « hutu »). En fait, depuis une dizaine d’années, tous les Premiers ministres qui se sont succédé sont « hutu » d’origine ainsi que la majorité du haut état-major[réf. nécessaire].

Il est aussi l’un des principaux artisans du renversement de son homologue du Zaïre en 1997, le président Mobutu Sese Seko, dont le pays est quatre-vingt-dix fois plus grand que le Rwanda. À la suite du génocide des Tutsi au Rwanda et de la déliquescence du régime de Mobutu, faits majeurs ayant entrainé les Grands lacs dans le chaos, il est l’un des principaux acteurs des deux guerres du Congo. Des proches de ses officiers racontent qu’au départ les Rwandais, alliés avec l’Ouganda et l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, n’avaient pas l’intention de renverser Mobutu Sese Seko, mais que la faible résistance qu’ils auraient rencontrée au Zaïre les aurait alors décidés d’aller jusqu’à Kinshasa lors de la Première guerre du Congo.

Vice-président et ministre de la Défense de juillet 1994 à avril 2000, Paul Kagame est élu président de la République par le Parlement, le 17 avril 2000, après la démission de Pasteur Bizimungu. À la suite de l’instauration d’une nouvelle constitution par référendum, il est réélu au suffrage universel direct le (95 % des voix) et le (93 % des voix)12.

Beaucoup d’observateurs accordent à Paul Kagame le mérite d’avoir apporté la stabilité et la croissance économique de ce pays dévasté. L’efficacité de la lutte contre la corruption au Rwanda, y compris contre des proches de Paul Kagame, est maintenant reconnue au niveau international. Par contre, des ONG, telles que HRW et Amnesty International, critiquent avec insistance ce qu’elles considèrent comme des manquements au respect des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne la liberté de la presse et le climat des périodes électorales. Ses opposants considèrent son régime comme une autocratie répressive favorisant la minorité tutsie au prix d’assassinats encore inexpliqués.

En novembre 2015, Kagame fait voter une modification constitutionnelle qui lui permet de se présenter à l’élection présidentielle de 2017. Fin décembre 2015, Kagame annonce qu’il sera effectivement candidat à l’élection présidentielle de 201713,14.

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