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LA DANSE CITOYENNE AU RYTHME DU BAL LAID DE SEKOU

Débarrassée de son euphorie jubilatoire, de son enthousiasme exacerbé et de son essence suspect à l’arôme démagogique et partisan, l’initiative de l’ONG BALAI CITOYEN, ou du moins de celui qui répond au nom de cette organisation de la société civile guinéenne, aurait pu servir d’outil approprié pour la préservation de la quiétude dans ce pays. Loin s’en falloir, en raisons des pesanteurs citées plus haut, il faut s’attendre à l’effet contraire.

Rien qu’à écouter le promoteur de cette initiative sur les ondes des différentes radios de la place, l’essoufflement dans lequel il s’exprime, le nombre impressionnant de médias touchés depuis le lancement de « l’OPERATION », l’intensité et l’agressivité des échanges avec les uns et les autres sur les réseaux sociaux, ainsi que bien d’autres démarches pas forcément connues du grand public, somme toutes, offrent un aspect markéting qui suscite interrogation de la part de tout esprit lucide et sincère.

Sékou Koundouno n’était certainement pas en Guinée lorsque Malick Sankhon offensait publiquement les Forces de Défense et de Sécurité en disant qu’il a créé et entretient les ‘’Chevaliers de la République’’, à l’image du Ku Klux Klan, pour assurer la sécurité des institutions. Lorsque Bantama Sow incitait à l’affrontement à l’intérieur du pays ou lorsqu’Aboubacar Soumah de Dixinn revendiquait une troupe de trois milles hommes, formés, armés et orientés vers un but. Celui d’attaquer et de massacrer Cellou Dalein Diallo et sa famille.

Non ! Sékou Koundouno n’était pas du tout là lorsque pendant les manifestations pacifiques, 94 citoyens guinéens ont été froidement abattus par ceux qui sont censés les protégés, jouissant d’une impunité totale. Lorsque les élèves et étudiants du pays perdent plus de huit semaines des cours durant cette année scolaire. Lorsque sur les réseaux sociaux, des hauts responsables de l’Etat et du gouvernement sont impliqués à des scandales d’atteinte à la pudeur publique (sextapes).

Non ! Nos amis n’avaient pas commencé à balayer la citoyenneté lorsqu’on étouffait froidement l’assassin du chérif de Sagalé, que l’on abattait Mme Boiro Aissatou, M. Thierno Aliou Diawné de la société civile, Elhadj Amadou Oury de la section motard et récemment M. Yéro Malal à Senta dans la préfecture de Télimélé pour ne citer que ceux-là. Il n’avait pas non plus, pauvre Sékou Koundouno, suffisamment économisé pour s’offrir ce BALAI sélectif qui lui ouvre la porte d’entrée dans le monde du « business de la crise » lorsque des incendies d’origines électrique ou criminelle, des éboulements d’ordures à Daressalam et Sonfonia, ont emporté des familles entières sans qu’aucune responsabilité ne soit jamais située.

Pendant qu’on viole des mineures, qu’on décapite, vole et revende des enfants, qu’on kidnappe et rançonne avant d’exécuter, qu’on embrase des véhicules, des maisons, des concessions, des villages, des marchés, l’heure n’est-elle pas au coup de balai ???

Ne serait-il pas mieux de se mirer sur l’idée géniale de votre collègue Bailo Barry, autre acteur de la société civile, qui a choisi l’option Réfléchir-agir au lieu d’agir bêtement la tête dans le guidon.

Après avoir pris connaissance de l’existence d’une disposition légale en matière de cybercriminalité, ce jeune et ses collègues responsables de la société civile projettent produire des manuels et autres outils de communication pour vulgariser cette loi méconnue de la grande majorité des guinéens. C’est noble et adapté comme initiative même si les précurseurs ne parviennent pas, faute d’accompagnement, à mettre en œuvre leur idée géniale. C’est un exemple dont il faut s’inspirer et éviter de verser dans des reflets illusoires de faveurs d’un pouvoir aux abois. Il ne faut pas non plus succomber à l’emballement pour un titre plutôt événementiel que réel des JA avec le titre pompeux de meilleur activiste jeune 2017 de la société civile. Une société civile guinéenne qui ne fait pas plaisir à commenter.

Bien que certains médias aient avalé la pilule et dansent déjà au rythme du BAL LAID de Sékou Koundouno, il faut espérer que les autres franges de la société civile et la justice elle-même, ne soient à leurs tours empêtrés dans la même logique…

Alpha Issagha Diallo

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