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Salif Keita dénonce le sort tragique des albinos «vendus en pièces détachées»

Il n’est pas question de baisser les bras malgré l’ampleur du désastre, martèle le chanteur malien Salif Keita. Il prépare, pour le mois de novembre 2018 à Bamako, un forum international sur le sort tragique des albinos, décimés aux quatre coins du continent africain, en toute impunité.

Salif Keita est encore sous le choc depuis qu’une fillette malienne de 5 ans, Ramata Diarra, a été enlevée par des hommes armés qui l’ont éventrée et décapitée, le 13 mai 2018 à Fana, dans le centre du Mali. Sa tête a été emportée par ses ravisseurs.

Des crimes rituels qui restent impunis
Un suspect a été arrêté par la police, mais aucune suite de l’enquête n’a été rendue publique. D’où l’inquiétude du chanteur malien. Il a peur que ce crime s’ajoute à une série d’autres dont les enquêtes n’ont jamais abouti.

«Les albinos veulent vivre sans être poursuivis, sans être vendus en pièces détachées… Nous comptons sur les avocats extérieurs, pas sur les avocats maliens pour nous aider à creuser ce problème. Nous allons nous battre pour cela», a-t-il déclaré à la presse en lançant une campagne de sensibilisation sur l’albinisme.

Des Noirs à la peau blanche
Salif Keita est lui-même atteint d’albinisme, une maladie héréditaire qui provoque une absence partielle ou totale de pigmentation de la peau, des cheveux et des yeux. Des Noirs à la peau blanche perçus comme une malédiction.

Une mère avec son bébé albinos au cours d'une journée de sensibilisation à l'albinisme, le 27 Juin 2015 dans le district de Mulanje, au Malawi.Une mère avec son bébé albinos au cours d’une journée de sensibilisation à l’albinisme, le 27 Juin 2015 dans le district de Mulanje, au Malawi. © Photo AFP/Erico Waga

Les personnes albinos font l’objet de crimes rituels perpétrés par ceux qui leur attribuent des pouvoirs magiques. Leurs organes sont particulièrement recherchés lors des élections par ceux qui sont convaincus qu’il s’agit d’arracher le membre d’un albinos pour remporter un scrutin. Le calvaire de la petite Ramara Diarra a précédé de peu l’élection présidentielle malienne organisée en juillet et en août 2018.

«Chaque fois qu’il y a des élections, il y a deux, trois, voire une dizaine d’albinos qui disparaissent», s’insurge Salif Keita.

Salif Keita, la voix des albinos
Depuis plusieurs années, le chanteur malien lutte contre la folie meurtrière qui frappe les albinos. Il a créé en 2006 la Fondation Salif Keita pour défendre leur cause. La campagne qu’il vient de lancer, en partenariat avec d’autres associations maliennes et ouest-africaines, vise à changer le comportement de ses compatriotes envers les personnes qui vivent avec cette anomalie.

Salif keita a lui-même été discriminé, méprisé, injurié et humilié avant de se réfugier dans la musique et de connaître un succès international. Il est devenu la voix des albinos à travers le monde et particulièrement en Afrique où il se bat pour leur protection et leur insertion sociale.

«Il est inacceptable que des êtres humains en sacrifient d’autres. C’est le produit de l’ignorance. Les albinos naissent et grandissent comme tout le monde. Ils ont besoin d’être aimés et considérées comme des personnes normales», avait-il confié à l’AFP lors d’une visite en Afrique de l’Est en août 2015.

Salif Keita achevait une visite en Tanzanie où des hommes politiques sont régulièrement accusés d’acheter des membres d’albinos pour faire de la sorcellerie ou pour fabriquer des porte-bonheurs. Selon des experts des Nations Unies, leurs membres sont négociés aux alentours de 600 dollars. Les corps entiers pouvant atteindre 75.000 dollars.

Dans la vidéo ci-dessous, Salif Keita raconte son enfance difficile et le combat qu’il a dû mener dans une société qui le tenait à l’écart (Les albinos d’Afrique, victimes de croyances archaïques, un sujet réalisé par Eleonore Abou Ez pour France Info).

Afp

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