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En Inde, Jet Airways au bord de l’asphyxie

Assommée par la hausse du prix du kérosène et la chute de la roupie face au dollar, la compagnie aérienne présentera un plan de sauvetage à ses actionnaires le 21 février.

Par Guillaume Delacroix Publié hier à 10h27

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Un Boeing 737 de Jet Airways, sur le tarmac de l’aéroport de New Delhi, en août 2018.
Un Boeing 737 de Jet Airways, sur le tarmac de l’aéroport de New Delhi, en août 2018. Adnan Abidi / REUTERS

Six ans après la mise en liquidation de Kingfisher Airlines, quatre ans après la faillite évitée de justesse par SpiceJet et un an après la privatisation avortée d’Air India, Jet Airways traverse une zone de turbulences. Lancée en 1993 par le milliardaire Naresh Goyal, la deuxième compagnie aérienne d’Inde, qui détient 14 % de parts de marché dans le sous-continent derrière IndiGo (43 %), est aux abois, écrasée par une dette de 80,5 milliards de roupies (près de 1 milliard d’euros) et des résultats en chute libre : sur les neuf premiers mois de 2018, elle a accusé plus de 450 millions d’euros de pertes.

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Après avoir juré que ses déboires financiers n’y étaient pour rien et invoqué la simple « expiration de contrats de location », la compagnie a fini par reconnaître, jeudi 7 février, que si quatre de ses avions étaient cloués au sol depuis quelques jours à Delhi, Bombay, Bangalore et Madras, occasionnant l’annulation de plusieurs dizaines de vols intérieurs, c’était « en raison du non-paiement de sommes dues aux bailleurs, selon les termes des contrats d’affrètement ». La direction de Jet Airways a tenté de rassurer les marchés, en affirmant qu’elle mettait « tout en œuvre pour minimiser les perturbations de son réseau ». Cependant, dimanche, plus de dix vols ont été annulés au départ de Bombay, « pour des raisons opérationnelles ».

Alors que de nouveaux résultats trimestriels doivent être publiés jeudi 14 février, les analystes estiment que le transporteur a besoin d’urgence de 220 à 260 millions d’euros pour honorer non seulement ses contrats de location, mais également les énormes commandes d’aéronefs en cours, qui portent sur 224 Boeing 737 MAX, dont cinq exemplaires seulement ont été livrés à ce jour. La société doit en outre trouver 400 à 440 millions d’euros supplémentaires d’ici à 2020 pour respecter ses échéances de prêt, sachant qu’au 31 décembre, elle n’a pas pu payer les intérêts qu’elle devait à un consortium bancaire dirigé par la State Bank of India, la plus grande banque du pays (contrôlée par l’Etat).

Fin janvier, les pilotes n’ont touché que 75 % du salaire de novembre

C’est en août 2018 que Jet Airways a commencé à décrocher, sous l’effet de l’envolée du prix du pétrole. Selon Hetal Gandhi, directrice des études à l’agence de notation Crisil, « le kérosène, qui compte pour 35 % à 40 % des coûts totaux des compagnies indiennes, affichait à fin septembre une hausse de 31 % sur un an ». Autre explication : la baisse continue de la roupie par rapport au dollar (– 9 % entre avril et septembre), devise dans laquelle Jet Airways paie la maintenance et la réparation de ses avions.

Source : CAPA

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