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Canine, pop sans âge et sans sexe

Performances scéniques remarquées, goût pour les voix transformées et androgynes, Canine vient de sortir « Dune », un premier album très ambitieux qu’elle défend en tournée. Derrière ce projet, Magali Cotta, comédienne et metteuse en scène de théâtre.

Par Stéphane Davet Publié le 22 février 2019 à 13h15

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Après s’être éloignée du théâtre, Magali Cotta y revient avec son projet Canine, entre morsure et onirisme.
Après s’être éloignée du théâtre, Magali Cotta y revient avec son projet Canine, entre morsure et onirisme. Emma Le Doyen pour M Le magazine du Monde

« Le tranchant avec douceur ». Voilà ce qu’évoque, aux oreilles de Magali Cotta, le mot canine, dont elle a baptisé son projet. Une dualité qui habite l’ensemble d’un premier album, Dune, éloge mordant de la fragilité. Les voix bilingues qui combattent et dansent sur le fil de l’androgynie, fusionnant intimisme et emphase, orchestrations acoustiques et production électro, participent de ce véritable ovni discographique, sans doute le plus ambitieux du genre depuis The Golden Age (2013), de Woodkid. Si, avant de mettre en musique ses souvenirs et ses blessures d’enfance, Yoann « Woodkid » Lemoine avait exercé son sens du spectacle comme graphiste et vidéaste, la dimension émotionnelle et visuelle de Dune doit sans doute beaucoup à l’expérience théâtrale de Magali « Canine » Cotta.

Car cette Niçoise, qui a pratiqué le piano dès l’âge de 4 ans avant de se fâcher avec la discipline du conservatoire, a ensuite bifurqué vers l’art dramatique. « A 10 ans, ma tante m’a inscrite à un casting pour une pièce sur la famille Addams jouée par une compagnie d’enfants acteurs, Les Sales gosses. » Choisie parmi des centaines de candidates pour le rôle de la gothique Morticia, Magali Cotta grandit, au rythme de cette aventure, en « enfant-comédienne » pendant plusieurs années. « Des souvenirs magnifiques, qui m’ont donné le goût de la troupe et de la mise en scène, assure-t-elle. Et il y a une vraie bizarrerie à vivre aussi jeune un métier d’adulte. »

Des chanteuses comme Julie London ou Nina Simone l’ont fascinée, mais les audaces de Björk font naître son ambition pop.

Dans les années 2000, la jeune comédienne se fait metteuse en scène. Si elle n’écrit pas ses propres pièces, montant Cocteau, Ribemont-Dessaignes ou Debenedetti, elle commence à composer les bandes originales de ses spectacles. « Pour m’apercevoir, finalement, que c’est là que je prenais le plus de plaisir. » Puisqu’elle peut en maîtriser toutes les dimensions, la musique redevient sa principale forme d’expression. L’apprentissage libérateur du chant jazz, puis celui de la musique assistée par ordinateur (MAO) donnent d’autres clés à la pianiste pour façonner ses propres univers. Des chanteuses comme Julie London ou Nina Simone l’ont fascinée, mais les audaces de Björk font naître son ambition pop. « Découverts quand j’étais jeune ado, des albums comme Debut ou Homogenic ont été déterminants », insiste l’admiratrice de l’Islandaise.

Source : https://www.lemonde.fr

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