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les manifestations se poursuivent contre Bouteflika

A quelques heures de la limite d’enregistrement des candidatures à l’élection présidentielle, dimanche soir à minuit, les manifestations se sont poursuivies en Algérie. Dimanche, des centaines d’étudiants, aux cris de « Bouteflika dégage » ont manifesté à Alger et dans d’autres villes du pays contre un cinquième mandat du président actuel Abdelaziz Bouteflika.

La police a bloqué des étudiants sur plusieurs campus de la ville, notamment à l’intérieur de la faculté de droit, située à quelques kilomètres du Conseil constitutionnel, où le dossier de candidature du président Bouteflika doit être déposé. La police a aussi utilisé des canons à eau contre les étudiants marchant vers le Conseil constitutionnel. Le site d’information TSA (Tout sur l’Algérie) signalait des rassemblements similaires à Oran et Constantine, à Bouira, à Skikda et Guelma ou Tiaret et Mostaganem.

Cette mobilisation intervenait après un vaste mouvement de démonstration, vendredi , où des dizaines de milliers d’hommes et femmes de tous âges ont défilé dans les principales villes du pays. A Alger, des heurts, en marge de la manifestation de vendredi, ont fait 56 blessés parmi les policiers et sept chez les manifestants, selon la police. Cette dernière a procédé dans la journée à 45 arrestations, dont cinq personnes ayant tenté d’entrer dans l’hôtel El Djazaïr, selon la Direction générale de la Sûreté nationale.

Candidature probable

Malgré la contestation dans le pays, le camp présidentiel n’entend visiblement pas céder à la pression et se préparait à déposer la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat. « Ceux qui ont conditionné leur participation au retrait de la candidature du Président de la République, sans le moindre scrupule pour le respect des règles de la compétition politique en démocratie, seront […] déçus », a fait savoir dimanche El-Moudjahid, organe de presse officiel du gouvernement dans son éditorial, traditionnel vecteur de messages. Samedi, le président en exercice a publié son patrimoine, comme l’exige des candidats la loi électorale. Il a également limogé son directeur de campagne Abdelmalek Sellal, 70 ans, un fidèle qui fut son Premier ministre, pour le remplacer par un homme plus jeune. Peu connu du grand public, Abdelghani Zaalane, ministre des Transports de 54 ans, haut fonctionnaire issu de l’administration préfectorale, assure désormais ces fonctions.

Absence d’opposition structurée

Pour l’heure, le Conseil constitutionnel a enregistré six candidatures. Débarqué sur la scène politique algérienne fin 2018 en promettant « le changement », le général à la retraite Ali Ghediri, a déposé la sienne dimanche. Il a rejoint cinq petits candidats dont le plus connu est Abdelaziz Belaïd, 55 ans, transfuge du Front de libération nationale (FLN, formation d’Abdelaziz Bouteflika), qui a créé le Front Al-Moustakbel. En 2014, déjà candidat, il avait recueilli 3 % des voix. En l’absence d’opposition audible et structurée, les autorités espéraient qu’une fois la candidature de Bouteflika actée, la contestation s’essoufflerait. Difficile de savoir si la mobilisation exceptionnelle de vendredi peut changer la donne. « Ce n’est pas dans les habitudes de ce régime de céder à la rue », notait un observateur sous couvert d’anonymat. « S’il recule sur la candidature, jusqu’où devra-t-il reculer ensuite ? », s’interrogeait-il.

Richard Hiault

Source : https://syndication.lesechos.fr

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