La Guinée réattribue l’exploitation d’un immense gisement de fer à un consortium asiatico-guinéen

L’appel d’offre pour les blocs 1 et 2 du gisement de Simandou a été remporté par la Société minière de Boké après avoir été retiré à la fin des années 2010 au groupe BSGR.

Le consortium asiatique et guinéen SMB a annoncé, mercredi 13 novembre, avoir obtenu l’exploitation en Guinée de deux des quatre blocs d’un des plus importants gisements de fer au monde. L’exploitation a été entravée de longue date par des soupçons de corruption et le volume des investissements nécessaires.

La Société minière de Boké (SMB) a été informée par les autorités guinéennes qu’elle avait décroché l’appel d’offres pour l’exploitation des blocs 1 et 2 du gisement de Simandou (sud-est), a-t-elle indiqué dans un communiqué.Lire aussi  En Guinée, nouvelle manifestation sanglante contre le président Alpha Condé

La SMB a été préférée à l’Australien Fortescue Metals Group, a dit à l’AFP une source proche du dossier. L’engagement de SMB à exporter le minerai via le territoire guinéen (et non pas le Liberia voisin par exemple) et à construire à cette fin une voie ferrée de plus de 650 km ainsi qu’un port en eau profonde à Matakong, sur la côte Atlantique de la Guinée, ont contribué à emporter la décision, a dit cette source. Elle a parlé d’un investissement de plus de 10 milliards de dollars (9 milliards d’euros) sur cinq ans.

Ressources minières considérables

La Guinée disposerait des plus importantes réserves mondiales non exploitées de fer à haute teneur, parmi des ressources naturelles et minières considérables (bauxite, or, diamants, capital hydrologique). Ce qui ne l’empêchent pas d’être très pauvre.

L’ampleur des travaux à entreprendre dans un pays souffrant d’infrastructures vétustes ou inexistantes a fait obstacle à l’exploitation de Simandou dans une région enclavée. Mais Simandou est aussi affligé par la corruption réputée chronique en Guinée et des années de querelles sur les droit miniers. Même l’apparition du virus Ebola a affecté l’exploitation.

A la fin des années 2000, le gouvernement guinéen avait déchu le groupe anglo-australien Rio Tinto de l’exploitation des blocs 1 et 2 au profit de BSGR, groupe de l’homme d’affaires franco-israélien Beny Steinmetz. Après l’accession à la présidence d’Alpha Condé en 2010, le gouvernement guinéen, disant suspecter des faits de corruption, avait annulé les droits de BSGR. Des années de bataille devant les tribunaux ont suivi.Lire aussi  Alpha Condé : « Je ferai ce que veut le peuple de Guinée »

Début 2019, M. Steinmetz et la Guinée ont annoncé un accord, le premier renonçant aux droits sur Simandou, la seconde abandonnant les poursuites pour corruption.

Cependant, une procédure judiciaire a été ouverte en Suisse contre M. Steinmetz pour des pots-de-vin présumés de plusieurs millions de dollars qui auraient permis à l’époque d’évincer Rio Tinto et qui auraient pour partie transité par des comptes helvétiques.

Des investigations distinctes ont été lancées au Royaume-Uni et en Australie contre Rio Tinto pour des faits présumés de corruption.

Attirer les investisseurs

La SMB est un consortium formé par l’armateur singapourien Winning Shipping, le producteur chinois d’aluminium Shandong Weiqiao, le groupe Yantaï Port ainsi que la société guinéenne de transport et logistique United Mining Supply. Créée en 2014, elle revendique d’être déjà le premier exportateur de bauxite de Guinée.

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